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Einstein, le sexe et moi

Olivier Liron

Editions Alma Editeur

La vie est une histoire pleine de cruauté, de bruit et de fureur et elle est racontée par Julien Lepers.

- Olivier Liron, "Einstein, le sexe et moi" -

POURQUOI CHOISIR CE LIVRE ?

  • Parce qu'il y a Einstein. Pourtant, le célèbre scientifique est absent de l'histoire. Mais Olivier Liron est un autiste Asperger et cela le rend différent (c'est son mot), et d'une intelligence rare ; d'ailleurs, il est normalien. Mais aussi, il raconte la manière dont cette intelligence hors du commun lui a servi à terminer vainqueur de l'émission "Questions pour un champion". Vous avez dit intelligent ? Oh oui, à la manière d'Einstein que l'on voit encore tirer la langue dans tous les recoins d'internet...
  • Parce qu'il y a le sexe. What did you expect ? Il y a une vie en-dehors de l'émission de Julien Lepers, quand même ! Et quand Olivier Liron se remémore ses souvenirs, il se remémore tout, y compris ses premières expériences sexuelles à ranger au rayon des mauvais souvenirs parce que, dit-il, "il n'avait pas le mode d'emploi". S'il n'y avait qu'un seul mot à retenir de ce livre, c'est qu'il dédramatise tout, depuis l'autisme jusqu'aux ratages de l'initiation sexuelle, en passant par l'entrée à Normale sup sans en avoir les codes (ceux-là non plus...).
  • Parce qu'il y a moi. Bon, vous m'avez comprise : il y a Olivier Liron, plus exactement. Mais il est comme vous et moi : il aime, il déteste, il espère, il souffre, il jubile, il observe, il s'obstine... et il fait tout ça à la puissance mille. Comme tout le monde, en tombant passionnément amoureux, il écrit "J'aurais voulu lui dire (...) qu'avec elle le monde dans lequel je vivais avait changé. Sauf que voilà. Je me suis tu". Mais comme il est Olivier Liron, il enchaîne sans transition avec "Et maintenant je devais répondre à une question de Julien Lepers sur un roman de Dostoïevski".
  • Parce que la combinaison de tout cela est très drôle. Si vous n'avez pas envie de lire le livre, arrêtez-vous quand même aux citations en exergue : Rimbaud, Einstein, et Julien Lepers mis bout à bout, sans transition, cela plante le décor. Or, cet effet comique, on le retrouve avec jubilation tout au long de l'histoire. Non sans poésie : "Ce que vous m'avez refusé en papillons, je vous le rendrai en tonnes de chenilles urticantes".
  • Parce que la combinaison de tout cela est grinçante, aussi... Au fur et à mesure qu'il progresse dans Questions pour un champion, Olivier Liron se remémore son enfance, son adolescence, et les obstacles qui se sont dressés sur son chemin à cause de sa différence. Il réussit à nous en faire rire, mais comment ne pas être simultanément bouleversé quand il écrit "... la façon dont les autres vous font comprendre votre différence, ça s'inscrit aussi dans le corps. J'ai dans mes tripes la mémoire de la différence qu'on m'a apprise, qu'on a tatouée dans ma chair".

L’ESSENTIEL EN 2 MINUTES

L'intrigue. Raconter la finale de "Questions pour un champion" est pour l'auteur un prétexte pour nous faire comprendre sa différence. "C'est ça que j'aurais voulu dire à Julien Lepers : "Vous ne savez pas ce que c'est. Je suis enfermé derrière un mur de politesse. Attaché et bâillonné"."

Les personnages. Olivier Liron. La femme potiron. Le colosse - buse. Le super champion à l'air de "Saroumane, le sorcier des ténèbres dans Le seigneur des anneaux". Et bien sûr Julien Lepers, "un crâne énorme posé sur un tronc courtaud et robuste. Comme un bonhomme de neige ou à la rigueur un brocoli".

Les lieux. Un plateau de télévision et ses coulisses comme on ne les a jamais vus, avec de très proustiennes madeleines trempées dans du coca !

L'époque. En 2012, quand Olivier Liron avait 25 ans, âge que Julien Lepers n'arrive pas à retenir... ce qui donne lieu à des échanges que les surréalistes n'auraient pas reniés.

L'auteur. "J'ai eu un parcours d'élève modèle. Baccalauréat à 17 ans, classe préparatoire littéraire à 18 ans, entrée à l'École normale supérieure à 20 ans. Agrégé à 23 ans. Enseignant à la Sorbonne à 24 ans. Julien Lepers à 25 ans. Dépucelage à 26 ans. Dépression à 27 ans. Mais c'est une autre histoire".

CE 2MIN’ A ÉTÉ PRÉPARÉ AVEC L'ENVIE DE TIRER LA LANGUE COMME EINSTEIN par Marceline

Lectrice passionnée et éclectique, toujours à l'affût de mon prochain coup de coeur !

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