Les livres publiés

Eugène Oniéguine

Alexandre Pouchkine

Editions Seuil

Il vint... Ses yeux se dessillèrent,
Elle se dit : « Je le reconnais. »
Dès lors, les rêves solitaires,
Dès lors, les journées et les nuits
Sont à jamais remplies de lui.
Et tout, comme par enchantement,
Parle à la fille de son amant.

- Alexandre Pouchkine, "Eugène Oniéguine" -

POURQUOI CHOISIR CE LIVRE ?

  • Parce que si j'interprète correction Wikipédia, Pouchkine, c'est Oedipe à l'envers et dans le désordre : ce n'était pas lui qui voulait tuer son père pour garder sa mère pour lui tout seul, mais sa mère qui le rejetait... et même pas pour garder son homme pour elle toute seule, mais parce que son fils tenait son physique trop sombre de son arrière-grand-père africain. Tiré par les cheveux ? Peut-être. Mais que le plus grand classique russe soit noir, ça a quand même de l'allure.
  • Parce que plus qu'un texte, c'est de la musique. Tchaïkovski est passé par là : il en a fait un opéra. Et aujourd'hui ? Qui sait ce que Booba et Karis pourraient faire de cela : « Ennemis ! Y a-t-il longtemps déjà Que les sépare leur soif de sang ? Longtemps que loisirs et débats Ne partagent plus, amicalement ? Et à présent, haineux, amers, Tels des ennemis héréditaires ; Au fond d'un rêve terrible et dense, Chacun prépare, dans le silence, La perte de l'autre, froidement... Ne pourraient-ils en plaisanter Puis, en amis se séparer, Et non souiller leurs mains de sang ? ».
  • Parce que c'est de la poésie rimée en russe, traduite en poésie rimée en français... un double défi dont le résultat peut être résolument humoristique : « Déjà le froid pince, morose, Déjà s'argentent dans les prés... (Lecteur, tu attends la rime « rose », Je te la donne volontiers) »
  • Parce que je ne suis pas d'accord avec cette idée que Pouchkine, c'est Lenski, l'homme qui se bat pour son amoureuse et se fait tuer en duel pour elle. Oh, bien sûr, cela lui est vraiment arrivé. Mais pourquoi résumer le poète à sa mort ? Il se cache plutôt dans la combinaison d'Oniéguine, Lenski, Tatiana et Olga ! Un homme bien trop complexe pour entrer dans le lit de Procuste d'une seule incarnation, et qui a mis en scène ses propres facettes contradictoires dans plusieurs personnages qui, comme de juste, finissent soit par s'entre-tuer, soit se déchirer.
  • Parce que tout le livre parle d'amour, mais qu'il n'est jamais heureux. C'est bien la moindre des choses pour que l'histoire nous hante...

L’ESSENTIEL EN 2 MINUTES

L'intrigue.   Un dandy qui s'ennuie, une jeune femme qui projette sur lui ses fantasmes inassouvis, un poète qui aime avec la folie de la jeunesse, sa trop jeune amoureuse prête à se laisser tourner la tête par le premier dandy qui s'ennuie venu... une ronde dont la tangente de sortie ne peut être que fatale.

Les personnages.   Eugène, Vladimir, Tatiana, Olga. Deux amis, deux soeurs, deux amoureux, deux... une rencontre ratée, plutôt. Ratée, mais fatale... car ils forment aussi deux trios : deux femmes attirées par le même homme, deux hommes qui s'entre-tuent pour une femme. Variante complexe d'une histoire intemporelle.

Les lieux.   La campagne autour de Saint-Pétersbourg, Moscou.

L'époque.   Le début du dix-neuvième siècle : en plein romantisme.

L'auteur.   De ce que j'ai lu sur Pouchkine, je retiens que tout a été trop dans sa vie : trop talentueux pour vivre heureux de sa plume, trop séducteur pour se rassasier d'un seul amour, trop passionné pour surmonter la jalousie... trop bouillonnant de jeunesse pour vieillir, finalement.

CE 2MIN’ A ÉTÉ PRÉPARÉ AVEC UN SAMOVAR par Marceline

Lectrice passionnée et éclectique, toujours à l'affût de mon prochain coup de coeur !

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Note des autres lecteurs : 5 / 5